Si la crise financière liée à la Covid-19 implique  de nombreuses pertes économiques pour tous les acteurs du football français, force est de constater que cette situation met en exergue la précarité des joueuses de première et seconde division en France. 

Le rapport de la FIFPRO sur l’emploi a montré que seules 18% des joueuses bénéficie du statut professionnel d’après le règlement de la FIFA. Dans le cas de la pandémie du COVID, l’absence de ce statut signifie que les droits des joueuses sont exclus du plan national de soutien à l’emploi. En outre, les bas salaires (60% des joueuses rémunérées gagnent moins de 600 dollars par mois, soit 500 € ), la courte durée des contrats et les inégalités des accords de sponsor, mettent en lumière la fragilité de l’écosystème du football féminin. 

Les différences se présentent également entre les clubs féminins rattachés à des structures professionnelles et les clubs amateurs. Dans le plan de relance et soutien au football, le Comité Exécutif de la Fédération Française de Football a annoncé le 4 juin 2020 une aide financière pour les deux divisions du football féminin de 6 millions d’euros. Ainsi les clubs professionnels de la D1 se voyaient allouer 500 000 € et les clubs “amateurs” 175 000 €. Il a fallu une vive réaction des clubs amateurs, qui ont brandit la menace d’une grève, pour que la FFF et la Ligue de Football Professionnel réévaluent les répartitions de la subvention. 

Ces actions montrent les difficultés auxquelles les clubs féminins doivent encore faire face pour faire émerger la pérennité mais également la solidité de leur écosystème. La période Covid demande plus que jamais un investissement des acteurs du football afin d’assurer le développement et d’acter, enfin, la professionnalisation du football féminin français. Ces mesures sont extrêmement nécessaires pour réduire les inégalités qui ne cessent de croître avec la crise sanitaire.